Just do it (*)

(*) Porte des Nike (mais ne va pas trop vite)

Boris Vian

 

Si j’aurais su, je me serais lancée avant.

Je ne soupçonnais pas le joyeux étourdissement que j’aurais à écrire une fiction. Ca me paraît – pour l’instant – beaucoup plus simple et serein que de relater des anecdotes de ma vie sous un certain angle.
J’aime me glisser dans la peau d’un personnage, vibrer avec lui, faire appel à toute une palette d’émotions et de sentiments pour transcrire au plus juste des situations que je n’ai jamais connues. Telle une comédienne, je puise au plus profond de moi. Cette vie intérieure, peuplée d’images qui s’impriment et s’effacent au gré de ma fantaisie, est immensément riche.
Mais je ne la laisse pas me manger. Sitôt ma séance quotidienne d’écriture d’une à deux heures terminée, je reprends le cours de mon existence car il me semble avoir besoin de cet équilibre pour mener à bien mon projet sur du long terme. Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
A chaque jour suffit son bonheur.

Alors vous aussi, si l’envie vous titille, n’attendez pas, faites-le !

 

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Madame Bovary, c’est moi !

Flaubert

Je suis Charlie Flaubert (les bacchantes en moins). J’essaie de ne plus être Flaubert, de prendre de la distance avec mon personnage principal, de ne pas distiller ma vie, mes réactions, mes valeurs (ok, un peu mais pas trop) dans mon roman. Cette histoire n’est pas la mienne, au sens où je ne relate pas mes souvenirs. Oui mais elle m’appartient, jusqu’à ce qu’elle soit lue par d’autres.

Or paradoxalement l’histoire que j’invente me domine fréquemment. Je lui donne le petit doigt et elle me prend le bras ! Elle vit sa vie. Parfois, c’est sympa ; parfois, c’est chiant. Cette histoire se raconte des histoires…

Mais pourquoi je me prends la tête finalement ? Tout est possible ! Je fais ce que je veux normalement avec mon histoire, à partir du moment où celle-ci est crédible !

Alors ce week-end, je suis allée faire une réserve de dynamite ; je compte faire sauter toutes les barrières : ce ne sera pas mon histoire qui m’empêchera d’écrire une histoire, une qui me plaît, une que j’ai envie de partager. Point.

De l’intérêt de l’édition numérique

Houellebecq

J’ai encore fait sensation chez mon libraire.

Après avoir saisi pour l’encaisser « Le charme discret de l’intestin – tout sur un organe mal aimé » que je lui tendais, avec une face de meuf passionnée de scatologie, celui-ci a regardé d’un air suspicieux autant ledit bouquin que moi-même en insistant « Je sais pas d’où ça sort ça mais il s’en est vendu plus d’un million d’exemplaires en Allemagne… ».
Ensuite j’ai dit à son associée qui m’avait dézingué « Soumission » (pourtant j’étais venue dans la ferme intention de le lui acheter) que ça y est, j’avais lu le dernier Houellebecq (au final prêté par une copine) et que je l’avais trouvé intéressant. Elle ne m’a pas engueulée (je suis cliente) mais j’ai bien senti son regard désolé qui me fusillait.
C’est important de défendre la liberté de lire et de penser.

Heureusement pour moi, je suis prédestinée au format PDF.

On ne fait rien tout(e) seul(e)

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J’ai reçu un mail hier après-midi de mon (si tant est qu’elle m’appartienne…) éditrice.
Comment décrire ce que je ressens ?
Une joie soudaine proche de l’euphorie.
Une profonde, une immense gratitude pour celle qui me donne ma chance et m’accompagne si soigneusement dans l’ombre.
L’impression d’avoir des ailes et de ne plus être mon propre frein.

L’envie, l’envie, l’envie !!!
(et plein de boulot)
(il me manque une pipe)

Comment j’ai réagi quand j’ai été contactée par une éditrice

duras

« Je ne sais pas comment je réagirais si j’étais contactée par une éditrice. Je pense que je m’évanouirai, puis je ferai une méga crise d’angoisse avec hyperventilation et je me cacherai aux toilettes. Tout dans la mesure en fait… » m’écrivait tantôt Onali.
J’ai des commentatrices qui me font bien marrer (et auxquelles je m’attache). C’est ce qui me pousse aussi à bloguer parallèlement. Je ne sais pas si on a le public que l’on mérite ; le mien est en tout cas vachement sympa (amour et et graines de pavot).

Pour ma part, je n’ai pas eu de crise d’enthousiasme ou de panique (j’ai paniqué au téléphone avec l’éditrice mais ça, c’est une autre histoire). Comme les trois mousquetaires, mes raisons sont au nombre de quatre : je suis lucide, je suis comblée par ma Patouf de trois mois, je rêve d’ouvrir un petit hôtel avec Alexandre qui rêve d’ouvrir un petit hôtel avec moi, il va falloir bosser. Chatt(e) échaudé(e) craint l’eau froide (entre nous, j’ai jamais rien compris à cette expression) ; je suis revenue de loin professionnellement ces dernières années… Alexandre, c’est plutôt lui qui a été tout excité. A sa manière : sourire en coin, il a dit « Ouais, c’est bien, ça, Marguerite. ».
Ah, je ne nierai pas que ça m’a fait vachement plaisir, évidemment ! Enfin quelqu’un pour s’apercevoir que je mérite un prix en ponctuation ! Bien sûr cela m’a flattée qu’on apprécie mes écrits, qu’on me fasse confiance et ça m’a ouvert une nouvelle perspective. J’ai beau craindre l’eau froide, je suis toujours partante pour de nouvelles aventures !

J’ai mesuré la première prise de risque psychologique de l’édition : se soumettre à la critique publique, être potentiellement comparée / analysée / décortiquée. Je pense être capable de gérer puisque je me suis mis dans la tête que j’allais me faire plaisir avant tout et entreprendre un challenge avec moi-même. J’ai admis que je n’avais rien de suffisamment intéressant à dire pour changer le monde et que je ne passerai pas à la postérité (de 50 ans ?)
Mais le bât blesse quand même. Etre édité est indissociable de VENDRE. (Pas con, hein ?)
Il faut vendre – un minimum – par rapport à l’éditeur qui a investi. Vendre – beaucoup (un maximum) – pour toucher quelques droits d’auteur qui ne me permettront jamais d’acheter ce petit hôtel où Alexandre et moi finirions par nous taper dessus. Vendre pour ne pas voir son égo s’effondrer (pour l’instant j’en suis aux constructions – de Légo – ça va). Et peut-être même vendre plus que le voisin au salon du livre à Pisse sur Pluloin.
Aussi, je vous laisse réfléchir à comment vendre son livre… (je ne vais pas vous mâcher tout le boulot non plus)

Alors voyez, je ne me suis pas cachée dans les toilettes. Je connais la délicieuse fluidité où l’écrit mène. Je connais également la frustration qui peut en naître. Et je vais suffisamment aux chiottes comme ça.

Le dire ?

marlon brando in the godfather 1972

En acceptant d’être publiée pour un bouquin, je me suis dit que j’allais en parler irl. Finie l’écriture de l’ombre (qui dure depuis sept ans) !
Comme au temps de mon adolescence, j’assumerais mes compositions françaises (quand elles récoltaient des 16). Sauf qu’à l’âge de 13 ans, on (prof, parents, éducation nationale) me demandait précisément d’écrire de la fiction pour répondre aux programmes et exigences du système scolaire. Aujourd’hui, on (qui vous voulez de plus de 28 ans) attend de moi que j’aie le sens des réalités (remplir correctement sa déclaration d’impôts, savoir rédiger un courrier pour la CAF) et un travail aux revenus certains pour nourrir ma famille nombreuse, s’il est chiant c’est mieux, ça montre que c’est du sérieux.
« C’est une artiste » ne relève pas du compliment…
En outre, je me suis habituée à ma schizophrénie. Je suis la seule à pouvoir me mettre la pression. Je n’ai de compte à rendre à personne. Je n’ai pas à me justifier.
J’ai un côté mystérieux. Et tête de con.

Toutefois l’omerta qui règne partout autour des projets d’écriture me sidère. Faut rien annoncer avant le bouclage, c’est top secret. Ou ça va porter la scoumoune (ratage du lapin à la moutarde pour la belle-mère dimanche en plus de la certitude du foirage de projet). Ou c’est la liste noire assurée chez les éditeurs. Ou encore il est probable que si le mec raconte que son personnage principal est un héros (pas une héroïne), on lui pique son idée…

La question de départ reste donc en suspens.