La claque

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Alors j’ai compris que je faisais du Pennac sans le savoir.
Avec 30 ans de retard.
Du sous-Pennac. (sous-sous-Pennac) (proche des catacombes, mon niveau Pennac)
Genre l’accordéoniste amputé des doigts dans le métro qui se prend pour Yvette Horner – période Gaultier.

J’ai lu Pennac. Il m’a subjuguée.
Et il m’a complexée.
Grandiose, il est grandiose.
J’ai admiré Vian, été enchantée par Le parfum et Le comte de Monte-Cristo.
Mais Pennac. Pennac, quoi.
Pennac, il a réussi à m’élever pour aussitôt m’anéantir.
« Mais comment fait-il, Pennac, Alexandre ?
– Il n’a peut-être pas 4 gosses… »
En effet. Mais ça n’ôte strictement rien à son génie…

Il y aura un avant et un après Pennac.
Monsieur Pennac, vous êtes un grand, très grand écrivain. J’espère un jour vous arriver à la cheville.

PS : Pas d’inquiétude sans nouvelles de ma part cet été, je ne brûle pas mes brouillons, je prends l’air sans Internet. En revanche, je ne pense pas tenir l’échéance que je m’étais fixée pour mon 1er jet.
Passez de belles vacances ! A très bientôt…

 

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Joli mai

pennac

Juin pourri.
Bien que ce mois soit prompt aux amours (I’m in love with Daniel Pennac).
Trop de maladies, trop de coups de chaud, trop d’anniversaires, trop d’épreuves du bac, trop de fêtes d’école et de fête des pères, trop de formalités administratives. Trop de gosses ?
Faudrait que je me souvienne comment c’était, petite : les fruits dans les arbres, les sorties scolaires où maman préparait le pique-nique, l’approche des grandes vacances.
Juin, c’est bien quand t’es enfant. Pas quand t’es parent.
C’est pour ça, les révolutions se font plutôt en mai : en juin, on est beaucoup trop occupé.

PS1 : le bouquin avance. Lentement. Mais sûrement !

PS2 : Ma Patouf de 4 mois 1/2 a poussé son premier éclat de rire dimanche. Motif : avait fait un gros prout. Cette gamine a la classe.

 

Deux grands

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Mon ancien voisin possède sa résidence principale à Haarlem – aux Pays-Bas et non dans un quartier de New-York, comme tout le monde le sait. C’est une ville de 150 000 habitants : aujourd’hui, c’est cours de géographie. Et bien mon voisin a fait plusieurs bouquins dessus dont un sur ses blasons (le thème très porteur). Son dernier ouvrage, relatif à un journal tenu par une femme Haarlémoise pendant la seconde guerre mondiale, est de toute beauté. Il s’est vendu à environ 300 exemplaires, ce qui fut au-delà des espérances de l’auteur.

Ma copine prof de français a écrit une pièce – en collaboration avec sa collègue prof de musique – jouée, lors d’une unique représentation, par les élèves du club qu’elle a monté,  dans un petit théâtre à l’italienne devant parents et enseignants. Je n’ai pas pu, à regret, y assister, garde de ma Patouf oblige. Mais je me réjouis qu’elle ait consenti à m’envoyer son texte. J’ai hâte de le découvrir, conquise par avance.

J’admire sincèrement leur travail de titan à tous deux destiné, avec beaucoup de générosité et de modestie, à une poignée de passionnés (ce qu’ils sont eux-mêmes).
Il me semble que rien ne peut être plus réjouissant que de créer pour un public de proximité, en pensant à ceux que nous aimons et qui nous font confiance.

L’amour et les procès

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Je suis en train d’écouter Magic System. Je me conditionne pour la fête de l’école. N’empêche qu’ils ont eu le bon goût de reprendre Sweet Fanta Diallo d’Alpha Blondy (toute ma jeunesse en banlieue parisienne). Et ? Et rien.

J’allais vous causer de tout autre chose. D’Eric Reinhardt pour être précise.

Je termine (enfin) (je n’en vois plus le bout) ma lecture de « L’amour et les forêts ». L’homme en question est mis en cause pour atteinte à la vie privée et contrefaçon. Normal (ou presque), l’écrivain est une pute. Il se sert du réel pour asseoir son imagination. Il prend des autres et il recrache une semence qu’il s’est appropriée. Vous ne savez jamais, en présence d’un spécimen, s’il va vous pomper vos soucis avec vos gosses, votre allure – de Vamp – ou vos réparties. Il peut pousser le vice à vous voler votre bonheur. Il n’invente rien la plupart du temps, il réinvente, à partir de sa vie, de celle d’autrui et de (ce qu’il croit être) son génie.

Moi, j’accuse R. de plagiat. Exactement. Il plagie le livre que je n’ai pas encore écrit. Et zou, un détail par ci qui est le même que le mien par là ! Ni vu ni connu je t’embrouille le Rico ! Alors bon, ça va bien, hein. Alexandre aussi est scandalisé.

Nuances…

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Je lis tout, des conditions générales de vente en caractère 4 aux ingrédients du yaourt aux fruits (en revanche je dis n’importe quoi, je ne mange pas de yaourts aux fruits). Je lis tout le temps, je lis partout. Je lis sur des supports possibles et imaginables.
Je me couche vers 20h30 avec ma belle enfant, elle tète, je lis, une manga, un documentaire, un roman, de plus en plus, mais j’ai arrêté les magazines. Je lis un bouquin papier en moyenne deux heures chaque soir.

Jusqu’à il y a peu, j’étais incapable d’associer écriture en journée et lecture le soir.
Il y a donc eu des années où j’ai lu, et des années ou soit j’ai écrit soit j’ai accompagné l’écrit d’autrui.
Cette façon d’oeuvrer est, pour moi, inexplicable.

Aussi, suis-je très surprise d’écrire quotidiennement tout en poursuivant mes lectures, de plus en plus nombreuses, et auxquelles je suis de plus en plus accro.
Je suis étonnée, parallèlement, d’avoir désormais un regard critique sur ce que je lis, dans le sens où mon regard se fait plus professionnel si je peux oser l’expression (j’ose).
Et à la fois, je suis plus indulgente avec les auteurs parce qu’ils sont allés jusqu’au bout de leur processus créatif. Ils l’ont fait, basta. Ils l’ont fait, bordel.
Je commence à comprendre ce que cela demande d’écrire un roman, cette peur au ventre certains jours, ces doutes, cet enivrement, ces heures de travail solitaire, ce plaisir, cette maturation, cette trituration intellectuelle, cette réécriture constante, l’expertise, sans penser au talent, oh non sans penser encore au talent qui magnifiera, sublimera une somme de compétences s’il est là (peut-être. Peut-être pas).
J’ai beaucoup, beaucoup à apprendre. Cette expérience d’écrire un roman est hallucinante, prodigieuse. Le faire, c’est déjà énorme. Alors je vais tenter de me regarder également avec bienveillance quel que soit le résultat final, pour masquer les 50 nuances d’orgueil.

Les dialogues

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A une ère pas si lointaine, j’avais pour point fort les dialogues (ah ben si). Je partais, du reste, d’une conversation existante et inspirante ; je construisais mon billet autour. Tout le blabla était prétexte à mettre en valeur mon dialogue, quand il n’était pas balancé brut car il me semblait se suffire à lui-même, tel un vieux célibataire endurci.

Dans mon roman, la démarche est inversée. J’invente une histoire et j’invite les protagonistes imaginés à discuter pour la rendre vivante. Et c’est la débandade ! (j’adore ce mot) (vu qu’il me concerne je l’aime moins finalement) Je me sens vraiment en difficulté. Je n’arrive pas à rendre mes dialogues pertinents parce que je manque, je crois, de technique, de méthode, de savoir-faire… d’application ? C’est tout un art.
Je comprends quand l’éditrice pointe du doigt certains de leurs défauts mais je n’ai pas encore trouvé la clef pour remédier à coup sûr à mes écueils. Une tribune est ouverte si vous souhaitez m’aiguiller, peut-être en répondant déjà à cette question « A quoi servent exactement des dialogues ? ».

En gros, je suis en train de vous dire que ça va être un bouquin avec des dialogues de chiottes et un humour de merde
(je sais bien vendre mon truc, moi)