L’amour et les procès

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Je suis en train d’écouter Magic System. Je me conditionne pour la fête de l’école. N’empêche qu’ils ont eu le bon goût de reprendre Sweet Fanta Diallo d’Alpha Blondy (toute ma jeunesse en banlieue parisienne). Et ? Et rien.

J’allais vous causer de tout autre chose. D’Eric Reinhardt pour être précise.

Je termine (enfin) (je n’en vois plus le bout) ma lecture de « L’amour et les forêts ». L’homme en question est mis en cause pour atteinte à la vie privée et contrefaçon. Normal (ou presque), l’écrivain est une pute. Il se sert du réel pour asseoir son imagination. Il prend des autres et il recrache une semence qu’il s’est appropriée. Vous ne savez jamais, en présence d’un spécimen, s’il va vous pomper vos soucis avec vos gosses, votre allure – de Vamp – ou vos réparties. Il peut pousser le vice à vous voler votre bonheur. Il n’invente rien la plupart du temps, il réinvente, à partir de sa vie, de celle d’autrui et de (ce qu’il croit être) son génie.

Moi, j’accuse R. de plagiat. Exactement. Il plagie le livre que je n’ai pas encore écrit. Et zou, un détail par ci qui est le même que le mien par là ! Ni vu ni connu je t’embrouille le Rico ! Alors bon, ça va bien, hein. Alexandre aussi est scandalisé.

Nuances…

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Je lis tout, des conditions générales de vente en caractère 4 aux ingrédients du yaourt aux fruits (en revanche je dis n’importe quoi, je ne mange pas de yaourts aux fruits). Je lis tout le temps, je lis partout. Je lis sur des supports possibles et imaginables.
Je me couche vers 20h30 avec ma belle enfant, elle tète, je lis, une manga, un documentaire, un roman, de plus en plus, mais j’ai arrêté les magazines. Je lis un bouquin papier en moyenne deux heures chaque soir.

Jusqu’à il y a peu, j’étais incapable d’associer écriture en journée et lecture le soir.
Il y a donc eu des années où j’ai lu, et des années ou soit j’ai écrit soit j’ai accompagné l’écrit d’autrui.
Cette façon d’oeuvrer est, pour moi, inexplicable.

Aussi, suis-je très surprise d’écrire quotidiennement tout en poursuivant mes lectures, de plus en plus nombreuses, et auxquelles je suis de plus en plus accro.
Je suis étonnée, parallèlement, d’avoir désormais un regard critique sur ce que je lis, dans le sens où mon regard se fait plus professionnel si je peux oser l’expression (j’ose).
Et à la fois, je suis plus indulgente avec les auteurs parce qu’ils sont allés jusqu’au bout de leur processus créatif. Ils l’ont fait, basta. Ils l’ont fait, bordel.
Je commence à comprendre ce que cela demande d’écrire un roman, cette peur au ventre certains jours, ces doutes, cet enivrement, ces heures de travail solitaire, ce plaisir, cette maturation, cette trituration intellectuelle, cette réécriture constante, l’expertise, sans penser au talent, oh non sans penser encore au talent qui magnifiera, sublimera une somme de compétences s’il est là (peut-être. Peut-être pas).
J’ai beaucoup, beaucoup à apprendre. Cette expérience d’écrire un roman est hallucinante, prodigieuse. Le faire, c’est déjà énorme. Alors je vais tenter de me regarder également avec bienveillance quel que soit le résultat final, pour masquer les 50 nuances d’orgueil.

Les dialogues

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A une ère pas si lointaine, j’avais pour point fort les dialogues (ah ben si). Je partais, du reste, d’une conversation existante et inspirante ; je construisais mon billet autour. Tout le blabla était prétexte à mettre en valeur mon dialogue, quand il n’était pas balancé brut car il me semblait se suffire à lui-même, tel un vieux célibataire endurci.

Dans mon roman, la démarche est inversée. J’invente une histoire et j’invite les protagonistes imaginés à discuter pour la rendre vivante. Et c’est la débandade ! (j’adore ce mot) (vu qu’il me concerne je l’aime moins finalement) Je me sens vraiment en difficulté. Je n’arrive pas à rendre mes dialogues pertinents parce que je manque, je crois, de technique, de méthode, de savoir-faire… d’application ? C’est tout un art.
Je comprends quand l’éditrice pointe du doigt certains de leurs défauts mais je n’ai pas encore trouvé la clef pour remédier à coup sûr à mes écueils. Une tribune est ouverte si vous souhaitez m’aiguiller, peut-être en répondant déjà à cette question « A quoi servent exactement des dialogues ? ».

En gros, je suis en train de vous dire que ça va être un bouquin avec des dialogues de chiottes et un humour de merde
(je sais bien vendre mon truc, moi)

La relève

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Alors que la veille j’étais proche de vouloir arrêter mon livre et mourir (les hormones, je vous jure…) me vient l’angoisse de mourir et de ne pas pouvoir finir mon livre (je vous jure que je suis saine d’esprit).
J’en parle, aphone, dans la voiture à Alexandre en lui chuchotant de terminer mon ouvrage si je meurs. Tout  ce que je peux dire, c’est qu’il a l’air d’en avoir rien à foutre (alors que je peux mourir, bordel !!!).

Je briefe donc ma grande fille au dîner.
« Steuplé, si jamais je meurs, oblige papa à finir mon livre.
– Ben pourquoi ?
– Parce que je veux qu’il soit fini. Je le lui ai demandé mais j’ai pas super confiance là.
– Ben pourquoi pas moi ?!
– Ben euh… (putain mais ça va pas la tête ?????????) … il connaît mon histoire.
– Sauf si vous mourez tous les deux, alors là ce sera moi !!!

Voilà une bonne motivation pour rester en vie, en plus, éventuellement d’avoir quatre enfants à élever.

 

Julie & Julia : la prise de conscience

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Après avoir été conquise par le film « Julie & Julia » avec une Meryl Streep désopilante en VO, je suis passée au roman dont celui-ci a été tiré. Quand j’aime une oeuvre, j’apprécie grandement de la retrouver dans différentes adaptations.

J’ai hésité à l’ouvrir de suite parce que j’avais peur de me laisser influencer (genre je suis influençable…) à cause de certains thèmes exploités, comme l’univers des blogs. A la première page, ça commençait bien, ça parlait d’ovules, idem que mon livre à moi dans son tout premier jet et idem que dans mon corps qui vient de faire son retour de couche à l’instant (la joie) (on se dit tout, non ?).

Mais très vite nos chemins se sont séparés. Les thématiques sont universelles, les façons de les traiter singulières.

Autant le dire, je suis déçue par le bouquin : trop de digressions, trop léger et trop de tentatives d’humour.
Trop c’est trop.
Et en particulier trop de blagues tue l’humour tout comme trop de vagues tue l’amour.
Il n’y a plus d’effet de surprise, ça alourdit le style, on en oublie le propos initial.

Conclusion : ça lasse.

Conclusion de la conclusion : Je DOIS retoucher mon début de deuxième partie. Sauf si vraiment vous êtes des aficionados de l’esprit  bite trou poil (et/ou pipi crotte prout).

Le coup de mou

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Puisqu’on est dans les confidences, j’ai une théorie (ça me fait au moins un point commun avec Virginie Despentes).
On n’est pas plus fatigué quand on vieillit,
on ne supporte plus mentalement de l’être.

Enfin moi, qui suis à l’article de la mort (à savoir un combo angine/conjonctivite), ça me fait ça.

Ca me rend parano aussi. Non seulement personne ne m’aime voire tout le monde m’en veut mais également mon bouquin est nase.
Je n’aurai jamais le génie de ❤ Jirô Taniguchi ❤ qui, avec « L’homme qui marche », réussit avec brio une manga contemplative ET un livre de coloriage ; ces deux aspects suscitant chez moi une envie irrépressible de m’acheter des crayons ainsi que d’adapter, à partir de ladite BD, des nouvelles.

Enfin, pour le moment, j’ai un roman à poursuivre dans lequel j’ambitionne de faire un deux en un, comme Taniguchi, quelque chose de profond ET de drôle, plus qu’une simple histoire en somme.

Mais là, j’ai juste un coup de mou. Comme dirait l’autre, on ne naît pas écrivain, on le devient. lol.